Vous êtes à un âge où vous allez prochainement pouvoir prétendre à un départ à la retraite. Mais un départ à la retraite ne s’improvise pas !

 

Tout comme vous avez mis en place une solution d’épargne appropriée afin de pallier l’inévitable chute de vos revenus, il vous faut maintenant anticiper les différentes étapes à franchir avant de pouvoir prétendre à un départ à la retraite.

 

Alors partir à la retraite, oui… mais comment faire ? Savez-vous de quoi sera composée votre retraite ? Connaissez-vous les démarches administratives à effectuer ?

 

Nombreux sont ceux qui méconnaissent les principes fondamentaux de la retraite. Nous vous proposons un tour d’horizon de ce que vous devez savoir afin de ne pas être pris au dépourvu le moment venu.

 

A quel âge pouvez-vous partir à la retraite ?

La question est loin d’être simple puisque l’âge évolue au gré des réformes qui se succèdent depuis quelques années. D’autant plus qu’il faut bien distinguer l’âge légal de départ à la retraite et l’âge auquel vous pourrez obtenir une retraite à taux plein.

 

  • l’âge légal de départ à la retraite : il s’agit de l’âge minimum auquel vous pourrez prétendre à un départ à la retraite. Il est actuellement de 62 ans si vous êtes né à partir de 1955 et entre 60 et 62 ans, si vous êtes né avant 1955.
  • la retraite à taux plein : pour profiter d’un montant d’allocation retraite maximal, il vous faut avoir validé un certain nombre de trimestres qui dépendra non seulement de votre année de naissance mais aussi de certaines situations spécifiques comme le handicap, les carrières professionnelles dites « longues », le degré de pénibilité d’un emploi, etc.

 

Par exemple : si vous souhaitez partir à la retraite à 62 ans alors que vous n’avez pas encore obtenu le nombre de trimestres nécessaires pour une retraite à taux plein, vous en avez le droit mais vous percevrez alors une allocation retraite moins importante.

 

A partir de 65 ou 67 ans, selon votre année de naissance, la retraite à taux plein vous sera néanmoins automatiquement accordée et ceci, quel que soit le nombre de trimestres validé.

 

Pouvez-vous devancer l’âge légal de départ à la retraite ?

Dans certains cas, et sous certaines conditions, il vous est possible de partir avant l’âge légal de la retraite. Cela concerne essentiellement les personnes qui :

  • ont commencé à travailler très tôt (avant 16 ans ou 20 ans selon les cas) : c’est ce que l’on appelle les « carrières longues »,
  • sont en situation de handicap, d’invalidité permanente suite à une maladie professionnelle ou à un accident du travail.
  • ont un métier pénible : travail de nuit, en équipes successives alternantes, répétitif, exercé en milieu hyperbare ; ou sont exposées à un ou plusieurs facteurs de pénibilité (manutention, vibrations mécaniques, agents chimiques dangereux, bruit, températures extrêmes). On parle alors de « retraite pour pénibilité ».

 

Qui vous versera votre retraite ?

Il existe principalement deux régimes obligatoires de retraite pour les salariés du secteur privé :

  • la retraite de base : elle est déterminée par le nombre de trimestres que vous aurez validé et est versée par l’Assurance retraite (CNAV) ou par la Mutualité Sociale Agricole (MSA). Tous les salariés du privé en bénéficient.
  • à laquelle s’ajoute la retraite complémentaire obligatoire : son montant est défini par le nombre de points que vous aurez validé. Ce sont, pour les salariés non cadres, l’Association pour le Régime de Retraite Complémentaire des salariés (ARRCO) et, pour les salariés cadres, l’Association Générale des Institutions de Retraite des Cadres (AGIRC) qui la versent.

 

Si, au cours de votre carrière, vous avez exercé une activité qui ne dépend pas du régime de retraite du secteur privé (régimes spéciaux, activité de travailleur non salarié (TNS), etc.), votre retraite sera complétée par celle correspondant à ces régimes.

 

Les solutions d’épargne individuelles ou collectives que vous aurez mises en place s’ajouteront à votre allocation retraite (ex : PERP, PERCO, etc.).

 

Pouvez-vous demander à bénéficier de votre retraite complémentaire indépendamment de la retraite de base ?

Même si vous n’avez pas atteint le nombre de trimestres requis pour bénéficier de la retraite de base, vous pourrez demander votre retraite complémentaire dès vos 57 ans.

 

Le montant en sera, par contre, minoré selon un coefficient correspondant à votre âge au moment de votre demande.

 

A qui s’adresser pour connaître vos droits ainsi qu’une estimation du montant de votre future retraite ?

Les différents organismes de retraite tels que la CNAV vous permettent à tout instant de faire le point sur votre situation personnelle et mettent à votre disposition des simulateurs pour évaluer le montant de votre retraite.

 

  • A partir de 35 ans : dans le cadre du dispositif du droit à l’information des actifs mis en place lors de la réforme des retraites de 2003, un Relevé Individuel de Situation (RIS) vous est automatiquement adressé. Vous le recevrez ensuite tous les 5 ans. Il récapitule l’ensemble de vos activités professionnelles enregistrées par les régimes obligatoires de base et complémentaires ainsi que les droits que vous avez acquis.
  • A partir de 44 ans : vous avez la possibilité de signaler ou faire modifier votre RIS si vous constatez que celui-ci est erroné ou incomplet. Pour éviter tout retard dans le traitement de votre dossier au moment où vous ferez votre demande de départ en retraite, nous vous recommandons de procéder à une vérification régulière et, si nécessaire, à demander une régularisation sans tarder.
  • A partir de 45 ans : vous avez droit à un Entretien d’Information Retraite (EIR) avec un conseiller retraite pour faire le point sur votre situation, obtenir toutes les informations souhaitées et réaliser une simulation du montant de votre future retraite.
  • A partir de 55 ans : vous recevrez automatiquement une Estimation Indicative Globale (EIG) du montant de votre retraite pour les régimes obligatoires de base et complémentaire. Elle vous sera adressée par la suite tous les 5 ans.

 

Il est essentiel que vous conserviez précieusement l’ensemble de vos bulletins de salaire, relevés d’indemnisation journalière de la Sécurité Sociale, attestations de chômage, etc. afin de faire valoir vos droits si vous constatez des anomalies sur votre RIS.

 

​Comment racheter des cotisations et des trimestres pour compléter votre retraite ?

Les rachats peuvent être de deux natures :

  • un rachat de cotisations : cette solution peut être utile si vous avez, par exemple, exercé une activité salariée à l’étranger ou encore si vous avez bénévolement assisté un membre de votre famille invalide
  • un rachat de trimestres : il n’est possible que si vous avez effectué des études supérieures validées par un diplôme ou si vous avez connu des périodes d’activité incomplète qui ne vous permettent pas de valider 4 trimestres.

 

Vous pourrez opter, dans les deux cas, pour un rachat :

  • du taux seul : le taux plein est actuellement de 50% de votre salaire annuel moyen de base. Votre versement vous permettra d’améliorer votre taux si ce dernier est inférieur à 50%
  • du taux et de la durée d’assurance : votre versement augmente le taux mais également le nombre de trimestres qui sera pris en compte pour déterminer le montant de votre retraite.

 

Chacun de ces rachats est soumis à conditions.

 

La retraite progressive, qu’est-ce que c’est ?

2 ans avant l’âge légal de votre départ en retraite (sous réserve qu’il soit a minima de 60 ans), la loi du 20 janvier 2014, vous permet de travailler à temps partiel tout en commençant à percevoir en partie votre retraite de base et complémentaire, ceci afin de vous préparer en douceur à un départ à la retraite.

 

Il vous faudra toutefois avoir acquis un minimum de 150 trimestres pour pouvoir y prétendre.

 

L’avantage est que vous continuerez à cumuler des points retraite durant votre activité salariée, ce qui aura pour effet de réévaluer le montant final de vos retraites au moment de votre départ définitif.

 

Le Décret du 16 décembre 2014 assouplit et simplifie les règles relatives à la retraite progressive. Il prévoit ainsi la prise en compte, pour la détermination de la durée minimale d’assurance requise pour bénéficier de la retraite progressive, de la durée d’assurance effectuée dans l’ensemble des régimes obligatoires. Il simplifie également le barème qui définit la fraction de la pension servie en fonction de la quotité travaillée (pour les salariés) ou en fonction de la diminution du revenu professionnel (pour les non-salariés). Il abaisse enfin à 60 ans l’âge minimal de la retraite progressive pour les travailleurs non salariés agricoles.

 

Vous avez atteint les conditions légales pour partir en retraite mais vous préférez poursuivre votre activité professionnelle. Est-ce possible ?

Vous avez parfaitement la possibilité de poursuivre votre activité au-delà des conditions légales (âge et nombre de trimestres) pour partir en retraite.

 

Tout trimestre complet travaillé majorera ainsi le montant de votre retraite, c’est ce qu’on appelle « la surcote ».

 

Votre employeur peut-il vous imposer de partir à la retraite ?

Pas avant vos 70 ans. D’ici là, même si vous remplissez toutes les conditions pour prétendre à un départ à la retraite, tant que vous n’avez pas pris la décision de partir, votre employeur ne peut vous y contraindre.

 

Vous êtes prêt à partir… quelles sont les démarches à effectuer pour faire valoir votre droit à un départ à la retraite ?

On ne part pas automatiquement en retraite dès qu’on atteint l’âge légal et/ou obtient le nombre de trimestres suffisants : il faut en faire la demande 4 mois environ avant la date de votre départ à la retraite auprès de chacun des organismes concernés (CNAV, ARRCO, etc.).

 

Sachez qu’envoyer votre dossier plus tôt ne permettra pas un traitement plus rapide puisque c’est la date de départ souhaitée et certains critères liés à votre situation personnelle (handicap, chômage, etc.) qui détermineront l’ordre de priorité de votre dossier.

 

Le cumul emploi-retraite, de quoi s’agit-il ?

Sous certaines conditions, vous pourrez continuer à exercer une activité professionnelle et ainsi cumuler revenus professionnels et pension de retraite.

 

Toutefois, en fonction de votre situation personnelle, ce cumul sera soit intégral, soit partiel.

A noter également que votre activité professionnelle sera soumise à cotisations salariales de retraite mais que cela n’impactera pas pour autant le montant que vous percevrez à votre retraite !

 

Les différents organismes officiels auxquels vous avez cotisé sont tous habilités à vous accompagner dans la préparation de cette étape importante dans la vie de chacun qu’est la retraite.

 

N’hésitez pas à les solliciter afin qu’ils puissent étudier votre situation personnelle et vous apporter les meilleures conseils pour une retraite sereine !

 

A titre indicatif, vous pouvez accéder aux sites :

 

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