L’engouement pour le PERP, placement pourtant aliéné en rente, est réel. 2.3 Millions de PERP sont aujourd’hui ouverts en France et ce nombre ne fait qu’augmenter chaque année. Ainsi le nombre de PERP a connu une croissance de plus de 18 % en 2014, et plus de 10 % en 2015.

 

Le PERP est-il le produit universel qu’il faut souscrire à tout prix pour préparer sa retraite ?

La réponse peut être positive mais à certaines conditions.

 

1ère condition assez simple : l’intérêt du PERP repose en partie sur la fiscalité. Pour des clients qui ne paient pas d’impôts, l’intérêt de ce placement est donc assez limité.

 

Mais cette condition n’est pas suffisante.

 

En effet, la maximisation de l’intérêt du PERP pour un particulier se trouve lorsque les conditions suivantes sont réunies : Un Taux d’imposition maximal en période d’activité et beaucoup plus faible au moment de la retraite.

 

Quel est l’avantage fiscal du PERP ?

Les sommes versées, en 2016, sur un PERP sont déductibles des revenus imposables pour chaque membre du foyer fiscal dans la limite de 10 % des revenus professionnels globaux 2015 avec un plafond de 30 432 € (en 2016) (1). Le PERP est donc assorti d’un avantage fiscal appréciable. D’autant plus qu’il est possible d’utiliser tout ou partie du plafond non utilisé des années précédentes, chaque contribuable retrouvant sur sa feuille d’impôt le détail des plafonds non utilisés des trois années antérieures.

 

Il faut aussi compter avec les plafonds des conjoints (ou partenaires de PACS) également mentionnés sur la feuille d’imposition, que le foyer peut utiliser.

 

Ajouté à cela que l’économie d’impôt procurée par cette déduction n’est pas prise en compte dans le plafonnement global des avantages fiscaux dont le maximum est fixé à 10 000 euros. Rares sont aujourd’hui les placements qui peuvent se prévaloir d’un tel avantage.

 

Cet avantage est donc maximal pour les contribuables fortement imposés. Ainsi pour 10 000 € de versés sur un PERP, un contribuable assujetti au taux marginal d’imposition à 45 % va économiser 4 500 € d’impôt alors que celui qui n’est assujetti « que » à un taux de 14 % va lui économiser 1 400 € d’impôt.

 

Quelles sont les conséquences fiscales à la sortie du PERP ?

Contrairement à des placements de type PEA ou PERCO (exonéré de fiscalité à la sortie hors CSG/CRDS), les sorties du PERP sont totalement imposables. La rente et éventuellement le capital qui sera versé (possibilité offerte par le PERP d’une sortie possible de 20 % en capital) seront imposés dans les mêmes conditions que le seront l’ensemble des revenus à la retraite.

 

Plus vous serez imposés à la retraite, plus donc vous paierez d’impôt sur les rentes versées.

Pour être vraiment gagnants, il faut donc que le taux marginal d’imposition diminue une fois à la retraite et c’est ce qu’il convient d’estimer. C’est plutôt généralement le cas, compte tenu de la chute des revenus à la retraite, mais ce peut ne pas être vrai par exemple pour les personnes qui auraient encore à la fin de leur vie active des enfants à charge et qui ne les auraient plus une fois à la retraite.

 

Par ailleurs, indépendamment de l’effet différentiel de taux d’imposition, il faut tenir compte du fait que les économies d’impôt générées avec le PERP sont aussi autant de sources d’économies réalisées maintenant et qui peuvent être judicieusement investies pour générer du rendement.

 

Il y a ainsi deux effets :

  • Les sommes directement placées sur des PERP qui, avec des formules de placement en unités de compte, peuvent vous faire bénéficier de rendements corrélés à l’évolution des marchés financiers et donc vous permettre d’obtenir, au terme, des montants de rentes plus significatifs.
  • Les sommes économisées chaque année grâce à la déduction d’impôt, qui peuvent aussi être placées par exemple sur des contrats d’assurance vie (sortie en capital) pour pouvoir disposer d’un capital à la retraite.

 

En investissant ainsi sur le PERP chaque année et en replaçant parallèlement les sommes économisées grâce aux réductions fiscales sur un contrat d’assurance vie, vous pouvez ainsi vous assurer au moment de la retraite à la fois un capital et un revenu régulier.

 

Exemple (2) : Ainsi, si vous débutez l’investissement sur un PERP à 50 ans pour un départ à la retraite à 65 ans, et que vous versez 10 000 € par an avec un taux d’imposition de 41 %, le PERP vous fait bénéficier d’une rente de 6 200 € par an. D’autre part, les économies d’impôt réinvesties de 4 100 € par an vous permettent de vous constituer un capital à terme de 68 000 € (sous les hypothèses suivantes : frais sur versements égaux à 5%, hypothèse de revalorisation de 2% nets de frais de gestion et à partir d’un revenu imposable de 100 000 €).

 

(1) Limite de laquelle viennent en diminution, certaines cotisations retraites déduites des revenus 2015 (art 83 CGI ; PERE ; Madelin…).

(2) Calculée sur la base de la législation actuelle, cette estimation est faite à titre indicatif et n’a aucune valeur contractuelle ; le taux d’imposition peut évoluer à la  hausse comme à la baisse.

 

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