Le viager immobilier ainsi que les produits de retraite à sortie obligatoire en rente viagère, connaissent un bel essor. Pourtant, quand elle est optionnelle, comme c’est le cas pour les contrats d’assurance vie et les Plans d’Epargne en Actions, la conversion du capital en rente est assez peu pratiquée. Pourquoi ce paradoxe ? Quels sont les avantages de la rente viagère ?

 

Il convient tout d’abord de préciser que ces différentes rentes viagères poursuivent des buts différents. Le viager occupé permet de percevoir des rentes tout en conservant la jouissance de son bien. Il est généralement appliqué en cas de besoin de liquidités de la part du crédit rentier.

 

Les contrats Madelin et le PERP sont des produits d’épargne retraite assortis à la souscription d’un avantage fiscal incitatif. Ces contrats dont la sortie se fera obligatoirement sous forme de rente viagère sont souscrits pour permettre de se constituer un complément de retraite tout en défiscalisant au moment de la période d’activité. Cet avantage fiscal peut venir gommer d’éventuelles interrogations relatives aux conditions de sortie plus ou moins lointaines.

 

Concernant les contrats d’assurance vie, le capital constitué peut également être converti en rente viagère. Le but poursuivi lors de la souscription d’un contrat d’assurance vie peut être multiple : transmettre une partie de son patrimoine dans des conditions fiscales avantageuses,  se constituer une épargne de précaution, … L’assuré pourra également demander la conversion de son contrat d’assurance vie en rente viagère en cas de besoin de liquidités. Cette solution sera donc à envisager principalement pour des personnes âgées puisque la fiscalité sera plus douce et en cas de besoin de liquidités.

 

Le plus grand frein des épargnants envers la rente viagère réside non seulement dans l’aliénation du capital mais aussi dans la méconnaissance du mécanisme de conversion et du fonctionnement de la rente. Il est donc important de connaître le fonctionnement de la rente, d’en souligner les atouts face à l’allongement de la durée de la vie et à la baisse constante des taux de remplacement des pensions de retraite. 

 

Fonctionnement de la rente viagère (contrat d’assurance vie Rente viagère Immédiate)

Au terme d’une formule d’épargne plus ou moins longue, la mise en place d’une rente viagère garantit le versement à vie de revenus périodiques. En contrepartie de l’apport définitif du capital à la compagnie d’assurance, la rente viagère délivre un revenu garanti, régulier et versé jusqu’au décès.

 

Pour convertir le capital en rente, l’assureur applique au capital un taux de conversion.

Ce pourcentage tient compte de 3 éléments :

  • l’âge de l’assuré au moment de la conversion (voire celui du conjoint si une réversion est prévue),
  • l’espérance de vie de ce(s) même(s) bénéficiaire(s) également à la date de conversion,
  • le taux technique.

 

Le taux technique, choisi à la conversion, est un taux d’anticipation financière des produits réalisés par l’assureur (résultats financiers et techniques). Il s’établit entre 0 et 2 %. S’il est de 0 %, la rente est plus faible au début et augmente plus vite ensuite car elle bénéficie à plein de l’intégralité des revalorisations futures de l’assureur.

 

S’il est par exemple de 1,5 %, la rente est plus importante au début, l’assureur anticipant ses futurs résultats, puis devient moins favorable ensuite car moins bien revalorisée.

 

Avec le choix du taux, on décide en fait d’inclure ou pas dès l’origine une partie de la revalorisation annuelle de la rente.

 

Les différentes fiscalités des rentes viagères

Les rentes issues des contrats Madelin et PERP dotés d’un avantage fiscal pendant la constitution du capital sont imposées à l’impôt sur le revenu pour leur montant total dans la catégorie des pensions et rentes. Elles subissent bien sûr les prélèvements sociaux.

 

Par contre, la  rente issue d’une assurance vie (ou d’un Perco) est également imposée à l’impôt sur le revenu mais en rente viagères à titre onéreux donc que pour une fraction de son montant. Cette fraction est fixée selon l’âge du bénéficiaire au moment du 1er versement de la rente.

 

À la date du 1er versement, la fraction imposable est fixée de la manière suivante :

  • 70 % si vous étiez âgé de moins de 50 ans,
  • 50 % si vous étiez âgé de 50 à 59 ans,
  • 40 % si vous étiez âgé de 60 à 69 ans,
  • 30 % si vous étiez âgé de plus de 69 ans.

 

Enfin, les rentes issues d’un PEA ou d’un PEP de plus de 8 ans sont entièrement exonérées d’impôt sur le revenu mais pas de prélèvements sociaux. Ce qui représente aujourd’hui face à la hausse de la pression fiscale un atout considérable. 

 

Souplesse renforcée des produits proposés

Avec souvent des options au sein des contrats, la rente viagère a gagné en souplesse :  

  • la réversion au conjoint en cas de décès (pour compenser les risques d’un décès précoce) à hauteur de 60 % voire 100 % de la rente.
  • l’option dépendance (permet de doubler la rente en cas d’entrée en dépendance)
  • la garantie décès (permet de reverser aux bénéficiaires désignés, en cas de décès prématuré avant une date fixée à la souscription, le capital non consommé.)

 

Des études ont détaillé les principaux  « freins » à la transformation d’un capital en rente

  • le terme même de rente provoque parfois un blocage psychologique; pourtant, percevoir une pension de retraite c’est déjà percevoir une rente viagère.
  • la conversion du capital en rentes est irréversible,
  • l’idée de ne plus détenir un capital durement accumulé est dérangeante, la préférence va en priorité à la disponibilité,
  • la flexibilité est souvent plus tentante que la contrainte même si in fine la seconde solution est parfois meilleure mais irréversible.
  • la préférence pour le présent affaiblit les stratégies d’anticipation,
  • l’habitude de consommer ou de se faire plaisir est freinée,
  • ce choix peut créer des incompréhensions chez les enfants qui peuvent se sentir lésés et considérer la mise en place de la rente comme un refus délibéré de léguer.

 

… mais la rente répond aujourd’hui à de véritables besoins

Plus l’espérance de vie augmente, plus le choix de la rente peut se révéler au final judicieux. La rente, si c’est un pari sur la vie c’est aussi le choix de la sécurité grâce à la perception de revenus garantis à vie, utiles pour compléter sa retraite. A l’inverse, avec des retraits programmés sur un contrat d’assurance vie étalés sur une période longue, le capital pourrait être insuffisant et ce d’autant plus avec l’allongement de l’espérance de vie.

 

Si on a besoin de revenus réguliers en phase active, on a tout autant besoin d’un minimum de revenus réguliers à la retraite. Le principe de la rente viagère est le seul qui garantisse à vie à l’épargnant la perception d’un revenu sur des périodes de plus en plus longues avec parfois des besoins élevés pour, par exemple, faire face au grand âge et à la dépendance.

 


Il est important de miser en partie sur la rente viagère pour assurer une bonne retraite car elle constitue une sécurité très appréciable en cas d’extrême longévité.   

Si vous êtes propriétaire de votre résidence principale, voire d’une résidence secondaire, il peut être judicieux, dans le cadre d’une stratégie patrimoniale et afin de préparer votre retraite de :

 

  • transformer une partie du capital accumulé en rente viagère immédiate,
  • conserver une autre partie sous forme de liquidités pour les dépenses imprévues,
  • le reste pouvant être destiné à être transmis aux enfants.

 

Votre conseiller en gestion de patrimoine peut tout d’abord vous aider à vérifier la pertinence d’une telle option. Ensuite, en fonction du capital dont vous disposez, il sera à même de calculer la rente viagère dont vous pourrez bénéficier.

 

 

A lire aussi sur le blog :

 

A lire également sur le site internet :