Aujourd’hui en France, 11 millions* de personnes sont aidantes d’un proche, en situation de dépendance ou de handicap. Devenir aidant familial est une situation qui peut tous nous concerner un jour et peut parfois avoir des conséquences importantes sur la carrière professionnelle. L’aidant n’a d’ailleurs pas toujours conscience de son statut et des droits dont il bénéficie. Faisons un tour d’horizon des avantages que le système de retraite prévoit pour tenir compte de ces situations.

 

Qu’est-ce qu’être aidant familial ?

Etre aidant familial, c’est venir en aide à titre non professionnel, en partie ou totalement, à un membre de son entourage qui en est dépendant, pour les activités de la vie quotidienne. Il peut s’agir d’un enfant, d’un conjoint, d’un parent, d’un grand-parent…, atteint d’un handicap, d’une maladie grave ou d’une perte d’autonomie. S’il s’agit d’un ami ou d’un voisin, on parle plutôt de « proche aidant ».

 

S’occuper d’un proche, qu’il soit membre de la famille ou pas, ouvre droit à certains avantages et selon les dispositifs, les conditions d’attributions peuvent varier.

 

Bénéficier de l’assurance vieillesse gratuite

Si vous vous occupez d’un enfant ou d’un parent handicapé et que pour cela, vous avez du vous arrêter de travailler ou devez travailler à temps partiel, vous pouvez être rattaché gratuitement au régime général de retraite. Vous êtes donc affilié à l’assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF) sans cotiser ou en cotisant très peu.

 

Afin de bénéficier de cette assurance vieillesse gratuitement, la personne dont vous vous occupez doit être atteinte d’une incapacité permanente de 80 % minimum et vous devez gagner moins de 63% du plafond de la sécurité sociale (PASS) l’année en cours.

 

Si vous ne remplissez pas les deux conditions citées ci-dessus et que vous ne dépendez d’aucun autre régime obligatoire, vous pouvez choisir de cotiser à l’assurance volontaire vieillesse, pour compléter vos droits.

 

Bénéficier de trimestres de majoration

Vous pouvez bénéficier de trimestres de majoration lorsque vous vous occupez d’un enfant ou d’un adulte handicapé, s’il a un handicap d’au moins 80%. Cela donne droit à un trimestre de majoration par période de 30 mois dans la limite de 8 trimestres.

 

Lorsqu’il s’agit d’un enfant handicapé :

  • l’enfant n’a pas nécessairement un lien de parenté avec son aidant ;
  • les trimestres de majoration ne peuvent être attribués que jusqu’aux 20 ans de l’enfant ;
  • s’il est élevé en couple, les deux membres du couple y ont droit ;
  • il n’est pas nécessaire de réduire ou cesser son activité professionnelle ;
  • les périodes de 30 mois ne sont pas nécessairement consécutives ;
  • sa situation doit ouvrir droit à l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) et à son complément, ou à l’AEEH et à la prestation de compensation du handicap (PCH).

 

S’il s’agit d’un adulte à charge, les conditions sont un peu plus exigeantes :

  • l’aidant doit avoir un lien de parenté avec l’adulte à charge ;
  • les périodes de 30 mois doivent impérativement être consécutives (sauf en cas de placement provisoire de la personne dans un établissement spécialisé ou hospitalier) ;
  • il est nécessaire de cesser totalement son activité professionnelle ;
  • une seule personne peut bénéficier des trimestres de majorations. En revanche, les 8 trimestres peuvent être partagés entre différentes personnes qui se seraient occupées successivement de la personne.

 

Partir à la retraite à 65 ans à taux plein

Depuis la réforme des retraites de 2010, les personnes nées après le 1er juillet 1951, peuvent partir à la retraite à taux plein (sans décote) entre 65 et 67 ans selon leur année de naissance.

 

Toutefois, les personnes qui s’occupent d’un enfant, d’un parent ou d’un proche handicapé pendant 30 mois minimum, peuvent prendre leur retraite à taux plein sans décote à 65 ans quel que soit leur année de naissance, même si elles n’ont pas tous leurs trimestres.

 

Il y a cependant quelques conditions à remplir pour en bénéficier et elles seront un peu différentes si vous vous occupez de votre enfant handicapé ou s’il s’agit d’un proche ou un parent handicapé autre que votre enfant.

 

Pour votre enfant :

  • il doit avoir perçu la prestation de compensation du handicap (PCH).
  • l’aidant n’a pas nécessairement besoin de réduire ou cesser son activité professionnelle. Il faut néanmoins pouvoir prouver que vous vous en êtes occupé ;
  • la période de 30 mois doivent impérativement être consécutives (sauf en cas de placement provisoire de votre enfant dans un établissement spécialisé ou d’hospitalisation) ;
  • s’il est élevé en couple, les deux membres du couple y ont droit.

 

S’il s’agit d’un proche ou un parent handicapé autre que votre enfant :

  • il est nécessaire de cesser totalement son activité professionnelle ;
  • la période de 30 mois doivent impérativement être consécutives sans aucune exception ;
  • pour un parent ; il doit avoir perçu la prestation de compensation du handicap (PCH).
  • pour un proche ; l’aidant doit avoir perçu l’allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP).

 

S’occuper d’un proche en situation de dépendance ou de handicap ouvre donc des droits supplémentaires à la retraite. Ils viendront accroître la durée d’assurance vieillesse validée, influera sur l’âge de départ à la retraite et sur le montant éventuel de la décote appliquée à la pension de retraite.

 

*Selon le baromètre des aidants 2015 de la Fondation April, réalisé avec BVA.

 

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