La diversification des portefeuilles d’actions, au fil du temps, n’aboutit souvent qu’à une dispersion inefficace de nos actifs. Et si nous profitions de 2012 pour leur redonner une véritable cohérence ?

 

Depuis plusieurs années, nos portefeuilles d’actions (qu’ils soient au sein d’un PEA ou d’un compte-titres ordinaire) ont connu de nombreuses transformations par rapport à leurs situations initiales. Au gré des périodes d’euphorie, suivies de périodes de crises, nous avons acheté, arbitré, vendu… Pour cela nous avons suivi les conseils de notre banquier, découvert la perle rare au détour des bonnes feuilles d’un journal financier, ou profité des bons «tuyaux» de l’oncle Albert lors d’un repas de famille …

 

Peu à peu, la diversification, règle de base en matière de gestion et qui était la nôtre lors de la constitution de notre portefeuille, s’est transformée en un éparpillement sans cohérence de nos actifs. 2012 s’annonce difficile sur le plan économique, mais (comme toute période de crise) ne manquera pas de présenter de belles opportunités. Alors pourquoi ne pas profiter de ce début d’année pour redonner de la cohérence à notre portefeuille, en retrouvant une véritable diversification ? L’objectif : affronter 2012 en maintenant le couple rendement / risque à sa frontière optimum.

 

En quoi la diversification de notre portefeuille est-elle si importante en matière de gestion ? 

Nous connaissons l’importance du couple « rendement /risque », qui régit nos décisions d’achat et de vente : naturellement réticents au risque, nous ne sommes prêts à prendre un risque qu’en échange d’un rendement espéré plus élevé…

 

Si le rendement de notre portefeuille est aisé à calculer (il s’agit de la moyenne des rendements de nos actifs), il en va autrement du risque. En effet le risque global de notre portefeuille n’est pas que la simple moyenne des volatilités des valeurs qui le composent (NB : la volatilité est la mesure de l’ampleur des variations du cours d’un actif ).

 

Evaluer le risque global et adapter sa stratégie de diversification

Pour évaluer le risque global de notre portefeuille, il faut déterminer la corrélation entre les returns (= rendement total de l’actif sur une période soit : plus value + dividendes / cours de l’action en début de période) des différents titres qui le composent : dans quelle proportion ces titres varient ils en parallèle ?

 

Pour exemple : le risque du CAC 40 est nettement plus faible que la moyenne des risques (des volatilités) des actions qui le composent.

 

Deux titres A et B avec un return à corrélation fortement positive (c’est-à-dire qui évoluent de façon très semblable) ne créent pas de compensation entre eux : nous n’avons donc pas diminué le risque global. En revanche, si on introduit un titre C avec un return à corrélation fortement négative avec A, nous avons alors une compensation des rendements et donc une diminution globale du risque.

Sans aller plus avant dans la technique (si vous le souhaitez : prenez connaissance de la théorie de MARKOWITZ), nous pouvons tirer 2 conséquences de ce principe de la corrélation :

  1. Si les actions sont peu corrélées entre elles, le portefeuille est moins risqué que chacune de ses actions ;
  2. Ajouter une action avec une forte volatilité n’augmente pas forcément le risque global du portefeuille si cette action est faiblement corrélée avec les autres actifs.

Par conséquent, plus un portefeuille est diversifié (c’est-à-dire composé d’actions faiblement corrélées entre elles) et plus son risque se réduit. Un portefeuille composé d’actifs risqués peut donc avoir un risque global faible, car ce dernier se répartit sur des actifs peu corrélés entre eux.

 

Les limites de la diversification

Attention cependant car la diversification, aussi étudiée soit elle, a ses propres limites : elle ne pourra jamais effacer totalement le risque… Rappelons ici que le risque d’une action se décompose en 2 parties bien distinctes :

  • le risque spécifique, qui correspond au risque propre à l’entreprise,
  • le risque systématique, qui correspond au risque lié au marché.

 

Tous les titres sont plus ou moins corrélés au marché: le coefficient « bêta » de l’action permet de mesurer l’amplification des cours de l’action par rapport à ceux du marché. Les bêtas des actifs sont très souvent positifs : ils amplifient les variations du marché, de façon plus ou moins forte.

 

La diversification permet donc de diminuer le risque spécifique de l’actif, mais en aucun cas le risque systématique qui provient du marché et sur lequel la diversification n’aura pas d’influence.

 

La diversification d’un portefeuille d’actions, si elle est bien menée, présente un réel intérêt. Mais il faut aussi être conscient de ses limites. Et vous, qu’en pensez-vous ?
 

 

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