A l’heure où les fonds en euros ne sont intéressants ni pour les clients, qui obtiennent des taux à peine supérieurs à ceux de l’inflation, ni pour les assureurs, dont les marges sont faibles suite à la baisse historique des taux de rendement des obligations, la diversification vers les unités de compte est le seul moyen pour les clients d’obtenir un peu de rendement pour les sommes investies dans les contrats d’assurance vie et pour les assureurs de gagner un peu mieux leur vie.

 

Oui mais…

 

Comment limiter le risque pour les placements et rendre sereine les relations entre les clients et leur conseiller ?

 

Plusieurs solutions sont proposées par les assureurs que l’on peut schématiquement diviser en trois grandes familles :

 

1. Choisir des formules de placement qui intègrent structurellement des limites de risque : 

  • Fonds qui offrent des garanties ou des protections de capital à l’échéance
  • Fonds qui sont contraints en termes de volatilité ou en objectif de perte pour le client​
  • Choix de fonds non corrélés entre eux (qui n’évoluent pas)​

 

2. Choisir des options dans des contrats d’assurance vie pour mettre de côté les plus-values générées ou limiter les pertes en cas de baisse des marchés

  • Option de sécurisation des plus-values
  • Option stop loss*

 

3. Choisir des formes de versement qui permettent de « moyenniser » les prix d’achat donc de lisser les risques

  • Versements programmés en unités de compte
  • Option d’investissements progressifs à partir du fonds euros

 

Quels sont les avantages et les inconvénients de chacun de ces choix ?

 

Les formules de placement qui intègrent les limites de risque :

  • Les unités de compte avec garantie ou garantie du capital à l’échéance.

 

L’avantage est bien sûr que le client ne prend pas de risque à condition qu’il soit prêt à immobiliser son placement sur une certaine durée qui évolue en général entre 5 à 8 ans. En effet, dans la période intermédiaire, l’évolution de la valeur liquidative du fonds n’est pas garantie. Ces fonds structurés peuvent être indexés sur des indices (stables ou à la hausse) ou des paniers de valeurs. Il faut regarder en détail les propositions qui sont faites ainsi que les back testing de ces offres (statistiques objectives des rendements que les clients auraient pu obtenir dans le passé sur un grand nombre d’observations calculées sur la même durée que celui du fonds proposé).

 

De manière générale, la garantie se paye par une moindre performance de ces unités de compte en cas de forte hausse des marchés ce qui est tout à fait normal car le client est totalement protégé en cas de baisse des marchés. Dans les différentes formules proposées sur le marché, celles qui parient sur des indices stables (en particulier sur la zone euro) sont à notre avis les plus intéressantes actuellement pour le client.

 

  • Les fonds qui sont contraints en termes de volatilité ou en objectif de perte pour le client.

 

A côté des fonds « benchmarkés »  (dont l’objectif est de battre un indice de référence donné), il existe des fonds sur le marché qui ne se sont contraints ni sur une zone géographique ni sur une classe d’actif en particulier, mais qui se sont imposés des limites en terme de volatilité (plus la volatilité d’un actif est élevé plus grand est  le risque pris par le client) ou de perte maximum pour le client. Le gérant peut donc investir où il le souhaite, sur n’importe quel classe d’actif à la condition de respecter une volatilité maximum ou une perte maximum.

 

Ces placements sont plus rassurants pour le client qui confie en quelque sorte un mandat implicite au gérant. L’intérêt de ces fonds est qu’ils sont en général très modulables et extrêmement réactifs en cas de retournement des marchés avec une forte capacité à se désinvestir vite des actifs risqués pour se replier sur des actifs monétaires. Il faut vérifier ensuite leur capacité à revenir rapidement sur les classes d’actifs « risqués » lors des rebonds de marché. Plus le budget de risque est élevé, plus la capacité à saisir les hausses de marché est forte mais moins le client ensuite est protégé. Là aussi tout est affaire de dosage.

 

Pour comprendre le comportement des fonds proposés sur le marché, il s’agit de bien regarder les performances passées pour valider à la fois la capacité du fonds à faire face à des crises majeures (performances lors des chocs de 2008 ou 2011) mais aussi sa capacité à saisir les hausses. De la sorte il sera plus facile de choisir votre niveau de risque en toute connaissance de cause.

 

Les options des contrats d’assurance vie qui encadrent le risque :

En sus du choix des fonds eux-mêmes certains contrats d’assurance vie proposent des options permettant de limiter les risques.

 

  • Les options de sécurisation des plus-values ainsi permettent aux épargnants de mettre de côté (par exemple sur un fonds euros) les plus- values générées par des placements sur des OPCVM. Attention ceci ne met pas à l’abri le capital qui reste investi sur l’OPCVM en question et qui peut donc être touché en cas de retournement des marchés. Il reste qu’il est satisfaisant pour un client de voir les fruits de ses investissements sauvegardés sur un support qui ne peut pas baisser.
  • Les options « stop loss » fonctionnent dans l’autre sens : il est possible sur certains contrats de choisir un seuil de perte automatisé à partir duquel l’investissement est totalement sécurisé c’est-à-dire basculé de l’OPCVM vers un fonds sécurisé (toujours en général sur un fonds euro). L’inconvénient de ce type d’options l’emporte parfois sur les avantages car ce choix d’options entérine de facto une perte pour le client (même s’il permet de limiter la perte). Il appartiendra ensuite au client seul de se décider pour revenir sur les marchés ce qui n’est jamais évident. A noter que les contrats les plus sophistiqués offrent des options de stop loss puis retour automatique sur le même OPCVM en fonction d’algorithmes de calcul basés sur des mesures de volatilité (plus la volatilité est faible, plus la probabilité de rebond est forte).

 

Les formules de versement qui permettent de lisser le risque :

Un investissement progressif est généralement moins risqué qu’un inves­tissement unique en raison du lissage des niveaux d’investissement et d’une réduction de la volatilité de l’investissement.

 

Cet investissement progressif peut se faire par l’intermédiaire de versements libres successifs ou par une option proposée dans certains contrats d’assurance vie dénommée « dynamisation progressive des investissements » ou « investissements progressifs » consistant à échelonner sur des durées comprises généralement entre 6 mois et 2 ans des versements sur des OPCVM présents dans le contrat à partir de sommes déjà investies sur le fonds euro.

 

Deux cas de figure :

  • le marché est haussier : les supports en unités de compte se valorisent.
  • le marché est baissier : certes, l’investissement perd temporairement de la valeur mais le client achète pour un même montant un nombre plus important d’unités de compte, ce qui est facteur de performance pour l’avenir.

 

Attention sur ce sujet, aux backs tests qui démontrent que le client est toujours gagnant. Tout dépend en effet des périodes qui sont examinées. Dans un contexte de marché toujours haussier, il est bien sûr préférable d’avoir investi la totalité de la somme dès l’origine plutôt que en versements successifs.

 

Ce qui est sûr en revanche c’est que le risque a été minoré.

 

En synthèse nous avons passé en revue différentes formules permettant de limiter les risques pour un investisseur cherchant du rendement sur ses placements en assurance vie.

 

N’oublions pas de plus, que le maître mot en matière de limitation des risques est la diversification des placements. Un panachage judicieux des supports de placements choisis, en particulier un choix d’OPCVM qui ne sont pas corrélés entre eux (qui ne sont pas sur des marchés qui évoluent selon les mêmes indicateurs) est également une bonne manière de préserver ses placements.

 

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 * Stop loss : on pourrait traduire cette expression par « stop de protection ». Il s’agit de définir un seuil à partir duquel, en cas de baisse boursière, un ordre de vente est automatiquement déclenché.

 

REGLES DE PRUDENCE :

Avant tout investissement, l’investisseur est invité à prendre connaissance du produit (notamment du prospectus simplifié) et d’en comprendre toutes les caractéristiques (la durée recommandée d’investissement, le coût, ses impacts fiscaux, etc.) et le risque lié (notamment le risque de baisse). L’investisseur doit s’assurer que ce produit correspond, par sa nature et ses risques et à raison du montant qu’il envisage d’investir, à sa situation financière et à ses objectifs patrimoniaux.

 

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Elles ne sont pas constantes dans le temps. Les investissements sur les marchés financiers sont susceptibles de variations fortes, à la hausse comme à la baisse, sur des durées plus ou moins longues. Gan Patrimoine et ses partenaires n’ont aucune influence sur ces variations.

 

En investissant sur les marchés financiers, soit directement, soit par OPCVM interposés, l’investisseur prend le risque de ne pas pouvoir disposer du capital investi au moment où il aura besoin de le mobiliser pour quelque cause que ce soit. Il est recommandé de ne pas investir toute son épargne sur des investissements susceptibles de varier à la baisse et de respecter les durées recommandées d’investissement.

Prenez conseil auprès de votre conseiller en gestion de patrimoine qui saura vous accompagner dans vos réflexions patrimoniales.