Les rendements des fonds euros ont une nouvelle fois baissé en 2014 pour s’établir en moyenne à 2.5% avant fiscalité et prélèvements sociaux, 2% en défalquant l’inflation.

 

Concrètement, si son contrat d’assurance vie a au moins 8 ans, un épargnant percevra dans le meilleur des cas un rendement réel de 1.69%(1), ou de 1.54%(2) si s’applique le prélèvement libératoire.

 

Et encore ne s’agit-il là que d’une moyenne, bien des contrats d’assurance vie présentent des performances inférieures !

 

Ce constat suscite 3 questions.

 

La situation des taux de rendement des contrats d’assurance vie en euros est-elle satisfaisante ?

Non, à l’évidence, surtout si l’on se réfère aux attentes des souscripteurs (on attendait, faudrait-il dire dorénavant) d’un contrat d’assurance vie qu’il puisse assurer un complément de revenu, matérialisé par les intérêts annuels mais sans toucher au capital.

 

Prenons l’exemple d’une somme de 150 000€ placée sur un contrat d’assurance-vie. Le souscripteur espère un complément de revenu pour la retraite et le maintien de son capital. La somme dont il disposerait chaque mois serait de 193€(3) environ. Un peu faible comme retraite complémentaire !

 

Cette situation est-elle appelée à durer ?

Oui sans doute, et elle devrait même se dégrader. Pourquoi ? Ceci nous amène à évoquer le contenu du fonds euros composé pour l’essentiel d’obligations de bonne qualité (obligations souveraines, obligations corporate). Les rendements de ces obligations n’ont cessé de diminuer au fil des ans, jusqu’à atteindre des montants ridiculement bas, avoisinant parfois 0% !

 

Parallèlement, les obligations à coupon élevé des années précédentes sont arrivées à échéance, et ont donc disparu des portefeuilles. On comprend bien dès lors, pourquoi depuis plus de 10 ans les performances du fonds euros ne cessent de baisser.

 

Aujourd’hui que les taux de marché sont très bas, schématiquement 3 cas de figure sont possibles :

  • les taux bougent peu, et le rendement continuera de se dégrader lentement.
  • les taux baissent encore, et le rendement baisserait plus vite que dans le cas ci-dessus.
  • les taux remontent (l’hypothèse considérée comme la plus probable à moyen terme actuellement), et ce peut être encore pire si la remontée est brutale… Car cela signifierait que les obligations détenues par les compagnies enregistreraient des moins-values significatives, qui pèseraient inéluctablement sur le rendement.​

 

Le temps n’est plus où le fonds euros pouvait être considéré comme un placement « tout-terrain ». Il faut par contre garder son ou ses (c’est mieux !) contrats d’assurance vie pour les avantages fiscaux bien réels qu’ils présentent toujours, mais passer de la monoculture à la polyculture, et se construire une allocation personnelle.

 

Pour cela les assureurs, qui ont tout autant que les assurés intérêt à la diversification, ont su faire preuve d’imagination et proposent une large gamme d’unités de compte adaptées : unités de compte flexibles plus ou moins agressives, unités de compte immobilières (OPCI, SCPI), unités de compte profilées, unités de compte d’obligations convertibles, unités de compte «structurées» à capital garanti ou protégé…

 

Les possibilités sont nombreuses.

 

Comment s’y prendre pour booster le rendement de son contrat d’assurance vie ?

 

Quelques idées :

 

  • Bien définir comment on se situe personnellement par rapport au trityque rendement/risque/liquidité (l’autre nom de la durée).
  • Regarder le risque pris par le gérant du fonds. Pour cela on pourra utilement se référer au positionnement de l’unité de compte sur l’échelle de risque de l’Autorité des Marchés Financiers (qui va de 1 à 7). Cette information est disponible sur le DICI du fonds (Document d’information clé pour l’investisseur).
  • Comprendre ce qui est proposé, et y adhérer.
  • Se constituer sa propre allocation de diverses unités de compte, qui doit être globalement en cohérence avec sa propre approche rendement/risque/liquidité.
  • Accepter « psychologiquement » des baisses ponctuelles sur l’une ou l’autre unité de compte(4) choisie : c’est inévitable… mais c’est sans doute le plus difficile pour beaucoup d’épargnants en France.
  • Revoir périodiquement son allocation pour vérifier qu’elle est toujours en cohérence avec ses objectifs, et les marchés financiers.
  • Il est bon de se faire assister par un professionnel de qualité… Mais assister seulement car la décision doit revenir à l’épargnant et à lui seul.
  • Diversifier ses actifs.
  • Savoir apprécier son niveau d’expertise ou de connaissance des marchés financiers.
  • Connaître son horizon de placement (court, moyen, long terme).
  • Penser à sécuriser ses plus-values. (1) après intégration des prélèvements sociaux de 15.5% (2) après intégration des prélèvements sociaux de 15.5% et du prélèvement libératoire de 7.5% au-delà de 8 ans (3) soit 150 000*1.54%, ramené à une base mensuelle

 

(1) après intégration des prélèvements sociaux de 15.5%
(2) après intégration des prélèvements sociaux de 15.5% et du prélèvement libératoire de 7.5% au-delà de 8 ans
(3) soit 150 000*1.54%, ramené à une base mensuelle

(4) Investir sur des supports en Unités de Compte comporte des risques liés à l’évolution des marchés financiers. L’assureur s’engage sur le nombre d’unités de compte et non sur leurs valeurs. La valeur des unités de compte n’est pas garantie et est sujette à des fluctuations à la hausse ou à la baisse.

 

A lire aussi sur le blog :

 

A lire également sur le site :